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BAUDELAIRE ET FLAUBERT : SUBLIME DANDYSME

Daniel Salvatore Schiffer

À partir de son dernier livre L’Ivresse artiste. Double portrait : Gustave Flaubert - Charles Baudelaire (Samsa), Daniel Salvatore Schiffer se concentrera lors de cette conférence autour de l’œuvre comme de la vie de Baudelaire et Flaubert, sur les deux notions de « sublime » et de « dandysme » :  une double thématique rarement étudiée conjointement, voire inédite et en tous les cas originale, tant sur le plan philosophique que psychologique, au regard de ces deux géants de la littérature française, sinon universelle.

Daniel Salvatore Schiffer est professeur de philosophie de l'art et l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, traduits dans plusieurs langues, dont : Oscar Wilde et Lord Byron (Folio biographies), Le dandysme - La création de soi et Petit éloge de David Bowie - Le dandy absolu (François Bourin).

Mercredi 21 juillet à 18h Espace culturel Houlgate (conférence-projection ). Entrée libre.

 


MAN RAY ET LE CINÉMA

Carole Aurouet et Compagnie PMVV le grain de sable

Les créations du peintre et photographe Man Ray, acteur du dadaïsme et du surréalisme, sont dans tous les esprits : du dos de Kiki de Montparnasse arborant les ouïes d'un violon aux larmes factices de verre posées sur le visage de la mannequin Lidy jusqu'aux fascinants rayogrammes. Mais ce que l'on sait moins, c'est que des années 1920 à 1940, Man Ray a également entretenu un lien artistique dense avec le cinéma. Il réalise quatre films, il filme régulièrement son quotidien, il collabore et apparaît même parfois dans les films de ses amis surréalistes, et une dizaine de ses projets ne voient pas le jour.

Carole Aurouet est maîtresse de conférences HDR à l’université Gustave Eiffel, membre du consortium du projet ANR Ciné08-19. Auteure d’une vingtaine d’ouvrages, elle est aussi directrice éditoriale des collections Le cinéma des poètes et Les films sélectionnés.

Lecture : Philippe Müller, Vincent Vernillat.

Jeudi 22 juillet à 21h Espace culturel Houlgate (conférence-projection et lecture ). Entrée libre.

 


À LA FEUILLE DE ROSE, MAISON TURQUE

GAULOISERIE DE MAUPASSANT À LA MANIÈRE DE FLAUBERT

Benoît Noël

Cette pochade est inspirée par la Maison de Zoraïde Turc de Nogent-sur-Seine citée par Flaubert à la fin de L’Éducation sentimentale et par la guinguette Fournaise de Chatou. Le 19 avril 1875, lors de sa première, à laquelle assistèrent Flaubert et Ivan Tourgueniev dans l'atelier du peintre Maurice Leloir, tous les rôles féminins étaient tenus par des amis de canotage de Maupassant, qui interprétait lui-même la fille de joie, Raphaële. Octave Mirbeau jouait quant à lui, M. Beauflanquet, jeune tourtereau égaré dans cette maison de passes…

Ancien conservateur du Musée Fournaise, Benoît Noël vient de publier les articles : « Un cœur simple », à l’origine une féerie à tableaux avec la Fête-Dieu en apothéose dans le Bulletin de la Société historique de Lisieux et Jules Barbey d’Aurevilly et Gustave Flaubert, deux romantiques normands et le Pays d’Auge dans la revue Le Pays d’Auge.

Dimanche 25 juillet à 21h Espace culturel Houlgate (conférence-projection). Entrée libre.

 


PHILIPPE DE GOBERT : PORTRAIT D'UN POÈTE BRICOLEUR

Septembre Tiberghien

Depuis la fin des années 1970, Philippe de Gobert développe une œuvre qui exprime la nécessité « d’habiter poétiquement le monde » pour citer Hölderlin. La conférence sera l’occasion de revenir sur son parcours artistique, depuis les premières maquettes d’ateliers d’artistes jusqu’à ses plus récentes séries photographiques, dont celles sur la reconstruction du Havre, présentées dans le cadre de l’exposition Du merveilleux en architecture au conte photographique au MuMa.

Septembre Tiberghien est critique d’art, commissaire d’exposition indépendante et enseignante à l’École Supérieure Arts2 de Mons. Elle est membre de l’AICA Belgique et vice-présidente de la Commission consultative des Arts Plastiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Fidèle collaboratrice de la revue l’art même, elle écrit principalement pour et avec les artistes.

En partenariat avec la MuMa.

Mercredi 28 juillet à 17h30 Salle de conférence MuMa (musée d'art moderne André Malraux) Le Havre (conférence-projection). Entrée libre sur réservation au 02 35 19 62 72.

 


SUR LES PAS DE FANTÔMAS

Carole Aurouet, Laurent Véray et Compagnie PMVV le grain de sable

En 1910 et 1911, Marcel Allain et Pierre Souvestre publient Fantômas en trente-deux romans. Un immense succès populaire de la Belle Époque qui engendre l’engouement de Cendrars, Apollinaire et Max Jacob. En 1913 et 1914, Louis Feuillade en réalise une adaptation cinématographique en cinq épisodes. L’acteur René Navarre, sous les traits du célèbre criminel, devient une vedette de l’écran. Ce film à épisodes marquera les surréalistes en herbe, au premier rang desquels Queneau, Desnos et Prévert, contribuant à la création du mythe de Fantômas qui sera repris par d’autres cinéastes, tels Franju et Chabrol.

Carole Aurouet est maîtresse de conférences HDR à l’université Gustave Eiffel, membre du consortium du projet ANR Ciné08-19. Auteure d’une vingtaine d’ouvrages, elle est aussi directrice éditoriale des collections Le cinéma des poètes et Les films sélectionnés.

Historien du cinéma, Laurent Véray est professeur à l’université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 et responsable scientifique du projet Ciné08-19. Dernières publications : Avènement d’une culture visuelle de guerre. Le cinéma en France de 1914 à 1928 et Vedrès et le cinéma (Nouvelles éd. Place).

Lecture : Philippe Müller, Vincent Vernillat.

Dans le cadre de l’exposition Fantômas : miroir de la Belle Époque à la Villa du Temps retrouvé. En partenariat avec la Ville de Cabourg.

Jeudi 29 juillet à 21h Hôtel de Ville Cabourg (conférence-projection et lecture). Entrée libre.

 


FLAUBERT ET TROUVILLE : "LA MEILLEURE PARTIE DE MA JEUNESSE"

Yvan Leclerc

Une grande statue blanche, une plaque sur la façade de la pharmacie du Port, une peinture murale de Savignac : Trouville n’oublie pas Flaubert. Lui non plus n’avait pas oublié la plage de son enfance, où il est venu dix années de suite, depuis 1834 (il avait alors 13 ans). C’est là qu’il a rencontré Élisa Schlésinger, la femme aimée transposée dans Les Mémoires d’un fou et dans L’Éducation sentimentale, puis Henriette et Gertrude Collier, deux jeunes Anglaises. Toute sa vie, il restera fidèle à ses premières amours, qu’il appelle ses « chers fantômes » : « Pauvre Trouville, la meilleure partie de ma jeunesse s’y est passée. Depuis que nous étions ensemble sur la plage, bien des flots ont roulé dessus. Mais aucune tempête n’a effacé ces souvenirs-là. »

Professeur émérite à l’université de Rouen, Yvan Leclerc est directeur du Centre Flaubert et responsable du Site Flaubert qui recense l’intégralité de la Correspondance. Il est le président du Comité scientifique et culturel Flaubert 21.

Mercredi 4 août à 21h Les Cures Marines Trouville/Mer (conférence-projection). Entrée libre.

 


"OUVRIER : TOUJOURS HONNÊTE, QUAND IL NE FAIT PAS D'ÉMEUTES"

Michèle Audin

Avec L’Éducation sentimentale, Flaubert a écrit deux ans avant la Commune de 1871, « le » roman de la révolution de 1848. La place des ouvriers y est assez conforme à cette entrée de son Dictionnaire des idées reçues. La place des ouvrières, là et ailleurs dans les romans du 19e siècle, est plus ambiguë. Michèle Audin propose une promenade autour de ces thèmes : Flaubert, révolutions, romans, ouvriers et ouvrières…

Michèle Audin est mathématicienne et écrivaine, membre de l’Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle). Parmi ses livres : Une vie brève, Mademoiselle Haas, Comme une rivière bleue, Oublier Clémence (L’Arbalète/Gallimard). Passionnée par la Commune de Paris, elle a rassemblé et présenté les écrits de Eugène Varlin, ouvrier relieur 1839-1871 (Libertalia) et anime le blog macommunedeparis.com. Elle publie simultanément La semaine sanglante : Mai 1871, légendes et comptes (Libertalia) et Josée Meunier 19, rue des Juifs (L’Arbalète/Gallimard).

Conférence suivie d'une lecture de Josée Meunier 19, rue des Juifs par François Marthouret.

Vendredi 6 août à 18h Cinéma Le Drakkar Dives/Mer (conférence-projection). Entrée libre.

 

 

L'ANTHROPOCÈNE

François Gemenne

L’Anthropocène, cette nouvelle période géologique que l’on désigne comme « l’âge des humains », est aussi une invitation à remettre en question la place que nous occupons sur Terre : où voulons-nous nous situer, dans l’Histoire de la Terre, et quelle empreinte voulons-nous y laisser ? Alors que le changement climatique redessine littéralement les cartes du monde, comment peut-on habiter cette nouvelle Terre qui s’offre à nous ? Et quelle est notre responsabilité vis-à-vis de ceux qui habitent au-delà de nos frontières, que ces frontières soient géographiques ou générationnelles ?

François Gemenne est spécialiste des questions de géopolitique et de l’environnement, qu’il enseigne à Sciences Po et à l’université libre de Bruxelles. Chercheur du FNRS à l’université de Liège, il y dirige l’Observatoire Hugo. Il est l’auteur de l’Atlas de l’Anthropocène (Presses de Sciences Po, avec Aleksandar Rankovic) réunissant l’ensemble des données sur la crise écologique de notre temps, ainsi que de On a tous un ami noir (Fayard).

Lundi 9 août à 18h Les Cures Marines Trouville/Mer (conférence-projection). Entrée libre.

 


UNE HISTOIRE DES CABINETS DE CURIOSITÉS

Alexandre Galand

Depuis leurs origines à la Renaissance jusqu’à nos jours, les cabinets de curiosités s’efforcent de donner une image du monde en réduction. Dès le 16e siècle, ces lieux où s’accumulent quantité de merveilles se proposent de classer le vivant, entre science, art et imaginaire. Cet inventaire global ne semble pas épuiser la diversité des formes de vie. Pourtant, à l’orée du 21e siècle, alors que les processus de raréfaction et d’extinction prennent de l’ampleur, des collectionneurs, artistes et scientifiques créent des lieux qui encapsulent le monde, pour la curiosité du futur.

Docteur en histoire, art et archéologie, Alexandre Galand s’est d’abord spécialisé dans le domaine de la peinture flamande du 16e siècle. Ses intérêts croisés pour les affaires de la nature et de l’art l’ont amené à publier notamment Monstres et merveilles. Cabinets de curiosités à travers le temps (Seuil, avec Delphine Jacquot).

Mercredi 11 août à 18h Musée Villa Montebello Trouville/Mer (conférence-projection). Entrée libre.

 


POUR UN NOUVEL USAGE SONORE DU MONDE

Alexandre Galand

Par le biais des microphones, l'enregistrement de terrain suscite une écoute renouvelée du monde, sensible à la diversité de ses formes de vie, parfois infimes. En racontant la crise écologique en cours, il contribue à réenchanter des paysages sonores menacés. Bien qu’elle soit associée à l’accélération et aux progrès techniques liés à la Révolution industrielle, cette pratique impose un ralentissement des gestes et un décentrement de l’écoute. L’enregistrement de terrain donne à entendre d’autres manières d’entrer en résonance avec le monde et nous invite à tendre l’oreille, pour un nouvel usage sonore du monde.

Alexandre Galand a publié un ouvrage de référence, Field recording. L’usage sonore du monde en 100 albums (Le mot et le reste). Il donne des conférences mêlant histoire de l’art, écologie et anthropologie au sujet de l’anthropocène et des catastrophes écologiques en cours.

Jeudi 12 août à 12h Espace culturel Houlgate (conférence-écoute & brunch). Entrée libre (sans brunch) - Tarif A (avec brunch, sur réservation).


 

FLAUBERT : UNE RÉVOLUTION DE L'ORIENTALISME ?

Gisèle Séginger

Flaubert aimait les peintres de la couleur et il a d’abord été attiré par les thèmes de l’orientalisme romantique. Mais son périple en Orient de 1849-1851 lui fait découvrir le désert. Il s’enthousiasme pour « l’Orient cuit du bédouin » et l’oppose à l’Orient turc « du sabre recourbé » qu’avaient popularisé Byron et les peintres romantiques. Il aime par-dessus tout l’« harmonie de choses disparates », lorsque la mort et la misère côtoient le luxe et la beauté. Son regard presque ethnologique s’attache aux différences sans se détourner de la laideur. Quelques années plus tard, en quête d’une nouvelle esthétique, il restituera dans Salammbô la puissance de l’Orient sans l’idéaliser.

Gisèle Séginger, professeur à l’université Gustave Eiffel et membre de l’Institut universitaire de France, a publié des travaux sur Flaubert et des éditions de ses romans, en particulier dans les Œuvres complètes de la Pléiade (2013-2021). Son dernier livre : L’Orient de Flaubert en images (Citadelles et Mazenod).

Vendredi 13 août à 21h Salle des fêtes Mairie Houlgate (conférence-projection). Entrée libre.

 

 

LA FONTAINE, SANS CHATS, SANS LAPINS ET SURTOUT SANS BELETTES

André Versaille

Et si le bon Jeannot s’était payé notre tête ? Il est grand temps de tenter un inventaire - sans bénéfice ni complaisance. C’est ce qu’a fait André Versaille : il est allé interroger le corbeau et la cigale, la cigogne et  le rat, le héron et la fourmi, le lion et le bouc, et tous ces animaux soi-disant malades de la peste, et les bras lui en sont tombés. Il a découvert que de même qu’il existe un roman national qui met certaines vérités dérangeantes sous le tapis, il existe un roman fabuliste nullement fabuleux.

André Versaille est éditeur, auteur et documentariste, mais surtout un amoureux de la littérature qu’il arpente par des voies détournées. Il est notamment l’éditeur du Dictionnaire de la pensée de Voltaire, de La Fontaine, œuvres, sources et postérité (rééd. Laffont-Bouquins sous le titre Fables et contes). Il prépare une édition des œuvres complètes de Molière à paraître en 2022 chez Laffont-Bouquins, à l’occasion du 400e anniversaire du grand homme.

Mardi 17 août à 12h Manoir de Caumont Houlgate (conférence & brunch). Entrée libre (sans brunch) - Tarif A (avec brunch, sur réservation).

 

 

HERGÉ ET L'ART DE LA BANDE DESSINÉE

Benoît Peeters

Bien qu’issu d’un milieu aux convictions étroites, Georges Remi dit Hergé (1907-1983) est parvenu peu à peu à construire une œuvre ouverte et universelle. Des naïvetés de Tintin au pays des Soviets à l’émotion de Tintin au Tibet, du noir et blanc à la couleur, du feuilleton à la petite semaine au roman en bande dessinée, l’évolution est fascinante. Pour Hergé, la bande dessinée n’a jamais été un art mineur. Il a voulu tout faire entrer dans Les Aventures de Tintin : ses curiosités et ses angoisses, ses passions et ses rêves, sa sensibilité au siècle. Quelques semaines avant sa mort, il déclarait y avoir mis toute sa vie.

Benoît Peeters est écrivain, scénariste et théoricien de la bande dessinée. Il a publié trois ouvrages de référence sur le créateur de Tintin : Le Monde d’Hergé (Casterman), Hergé, fils de Tintin (Flammarion) et Lire Tintin, les bijoux ravis (Les Impressions Nouvelles). Avec le dessinateur François Schuiten, il a conçu la série de bandes dessinées Les Cités obscures, qui a été traduite dans le monde entier.

Jeudi 19 août à 21h Salle des fêtes Mairie Houlgate (conférence-projection). Entrée libre.

 


 

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